L’annonce a la portée d’un séisme commercial. Le 17 février 2026, le président chinois Xi Jinping a déclaré que la Chine appliquerait, à compter du 1er mai prochain, un « traitement à zéro droit de douane » à l’ensemble des pays africains entretenant des relations diplomatiques avec Pékin. Une décision qui pourrait remodeler en profondeur les flux économiques entre l’Asie et l’Afrique.
Concrètement, toutes les exportations africaines vers la Chine pourront entrer sur le marché chinois sans taxation douanière. L’ampleur de la mesure dépasse les régimes préférentiels jusque-là réservés aux pays les moins avancés. Elle s’étend désormais à tout le continent diplomatiquement lié à Pékin.
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Avec plus de 1,4 milliard de consommateurs, la Chine représente déjà un partenaire commercial de premier plan pour l’Afrique. Les échanges bilatéraux ont atteint des niveaux records ces dernières années, tirés par les matières premières, les minerais stratégiques et l’agroalimentaire, mais aussi, progressivement, par des produits transformés. Cette nouvelle exemption pourrait renforcer la compétitivité des produits africains, stimuler les exportations agricoles et industrielles et favoriser la montée en gamme de certaines économies.
Au-delà des chiffres, la décision s’inscrit dans une stratégie assumée. Depuis deux décennies, Pékin tisse un réseau dense de partenariats dans les infrastructures, l’énergie, le numérique et la formation. En offrant un accès total à son marché, la Chine consolide sa position dans une compétition géoéconomique où l’Occident cherche à se repositionner. Pour nombre d’analystes, cette étape prolonge la diplomatie dite « gagnant-gagnant » défendue par les autorités chinoises.
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Mais l’ouverture d’un marché ne suffit pas à garantir une vague d’exportations. Les contraintes logistiques, les capacités de production limitées, les normes sanitaires et techniques demeurent des obstacles réels. La diversification économique reste inachevée dans plusieurs pays.
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Derrière l’opportunité se dessine donc une exigence stratégique : transformer localement, investir dans la compétitivité et structurer des chaînes de valeur régionales solides.

