L’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine pour l’Afrique. Elle devient un levier économique mesurable. Selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), publié le 12 décembre 2025, un déploiement inclusif de l’IA pourrait ajouter jusqu’à 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035, soit près du tiers de la production actuelle du continent.
Intitulé « Africa’s AI productivity gain – Pathways to labour efficiency, economic growth and inclusive transformation », le document dresse un constat clair. Les gains attendus reposent sur les capacités numériques croissantes du continent, sa démographie favorable et les réformes sectorielles en cours.
Le rapport explore 3 trajectoires. La première, dite de la « poursuite de la trajectoire actuelle », générerait environ 250 milliards de dollars de gains, avec peu d’effets sur l’emploi. La seconde, celle des « progrès fragmentés », porterait les gains entre 500 et 600 milliards de dollars, mais de façon inégale selon les pays.
Lire aussi : Internet mobile : solides performances du Togo en Afrique, mais en net retrait face à l’Europe
La troisième trajectoire, qualifiée d’« activation complète », est la plus ambitieuse. Elle pourrait produire 1 000 milliards de dollars de productivité supplémentaire et créer 35 à 40 millions d’emplois numériques. C’est le seul scénario capable de libérer tout le potentiel social et économique de l’IA sur le continent.
5 facteurs structurent cette équation. Le calcul informatique, les données, les compétences humaines, la confiance et le capital. Sans données fiables et interopérables, l’IA reste aveugle. Sans infrastructures de calcul puissantes, elle reste lente. Sans talents, elle reste théorique. Sans gouvernance, elle reste rejetée. Sans financement, elle reste à l’état de concept.
La BAD propose une Feuille de route précise. 6 « ambassades de données » dotées de GPU. Soixante plateformes de données ouvertes conformes aux principes FAIR. 3 millions de professionnels à former. Un cadre légal continental sur les risques liés à l’IA et 10 milliards de dollars de financements mixtes à mobiliser.
Lire aussi : Intelligence artificielle : le Togo trace les contours d’une gouvernance numérique responsable
Tous les pays ne partent pas du même point. Le rapport distingue les « catalyseurs », les « accélérateurs », les « pôles d’innovation » et les « bâtisseurs de fondations ». Combler ces écarts devient une priorité politique.
Pour finir, l’impact sectoriel sera concentré sur 5 secteurs : agriculture, commerce, industrie manufacturière, finance et santé. Ces secteurs capteront 58 % des gains, soit 580 milliards de dollars.