Une couverture médiatique inappropriée peut accroître l’effet de contagion chez les jeunes et les personnes souffrant de troubles mentaux.
Au Ghana, 90 journalistes – dont 69 hommes et 21 femmes – ont été formés à une couverture éthique et responsable du suicide, alors que le traitement de cette question dans certains médias locaux reste, selon des études, marqué par le sensationnalisme et la divulgation de détails sensibles sur les méthodes utilisées. Cette initiative est menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en collaboration avec l’Association ghanéenne pour la prévention du suicide (GASP), une ONG active dans la réforme de la santé mentale au Ghana.
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La formation a pour objectif d’aligner les pratiques journalistiques sur les recommandations mondiales de l’Organisation mondiale de la santé en matière de prévention du suicide et de communication des risques. Elle vise également à contribuer à un environnement informationnel sûr, protégeant les personnes vulnérables et les familles, tout en soutenant l’engagement ghanéen pour la santé mentale, a indiqué l’organisation onusienne.
Le suicide, un problème de santé publique évitable
Les participants, issus des trois grandes zones géographiques du pays (sud, centre et nord), ont été outillés, entre autres, sur les Lignes directrices ghanéennes pour une couverture médiatique appropriée du suicide et la Fiche d’évaluation ghanéenne de la couverture médiatique du suicide, deux outils adaptés des ressources de l’OMS pour les professionnels des médias.
Les journalistes ont été invités à adopter un langage non stigmatisant, protéger la dignité et la vie privée des victimes et de leurs familles, éviter les détails graphiques sur les méthodes, inclure des services de soutien et présenter le suicide comme un problème de santé publique évitable, et non comme un délit ou une faute morale.
Réforme de la santé mentale au Ghana
La formation s’inscrit dans la réforme de la santé mentale menée par le Ghana depuis la dépénalisation de la tentative de suicide en mars 2023, via un amendement au Criminal Offences Act de 1960, qui punissait jusqu’alors cet acte de trois ans d’emprisonnement. Désormais, la tentative de suicide est considérée comme une crise de santé mentale nécessitant une prise en charge médicale et psychologique, et non plus comme un délit passible de poursuites.
Des recherches antérieures au Ghana relèvent que la couverture médiatique sensationnaliste favorise l’effet de contagion chez les jeunes et les personnes souffrant de troubles mentaux, ce qui est contraire aux directives de l’Organisation mondiale de la santé.
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Entouré de stigmatisation sociale et religieuse, le suicide est encore fréquemment perçu dans le pays à travers un prisme spirituel, assimilé à une malédiction ou à une honte familiale. La GASP organise à cet effet des campagnes de sensibilisation visant à faire comprendre les causes biologiques et psychologiques de la détresse mentale.
Le suicide demeure un problème majeur de santé publique, a rappelé l’OMS, soulignant que le traitement médiatique peut influencer les comportements : il peut accroître les risques par le sensationnalisme et la stigmatisation, ou favoriser la prévention en encourageant le recours à l’aide et la diffusion d’informations fiables.
dpa

