Dans la foulée des discussions amorcées à Lomé en décembre dernier, le Comité de concertation État-secteur privé (CCESP) s’est rendu à Kara ce 26 janvier 2026. Ce déplacement marque une étape cruciale dans la décentralisation du dialogue entre l’administration et les opérateurs économiques du septentrion. L’objectif est clair : bâtir une relation de confiance solide pour optimiser la collecte des ressources fiscales.
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Le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a personnellement présidé les travaux en insistant sur la sécurité comme moteur du développement. Pour le ministre, l’État doit se positionner comme le garant d’un impôt juste, équitable et transparent. « Sans la confiance, il ne peut y avoir ni civisme fiscal durable, ni mobilisation optimale des ressources », a-t-il rappelé devant un auditoire attentif.
Sous l’impulsion du président du Conseil, le gouvernement a ainsi engagé une troisième génération de réformes de la gouvernance fiscale. Ce chantier d’envergure mise sur la digitalisation, l’introduction de la facture électronique et l’élargissement de l’assiette fiscale. Ces innovations visent à réduire les interventions humaines afin de limiter les risques de corruption et de friction entre les agents et les contribuables. Si les réformes sont saluées, les acteurs économiques de la région de la Kara ont profité de cet échange franc pour exprimer leurs préoccupations. Les difficultés liées à la saturation des plateformes de l’Office togolais des recettes (OTR) et le manque d’information sur les outils comme Dimana ont été évoqués. Les participants ont ainsi plaidé pour une amélioration technique des systèmes et un renforcement de la formation des agents.
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Le secteur privé, représenté par Thierry Awesso, vice-président du patronat, a salué cette volonté de rapprocher l’administration des réalités locales. Il a insisté sur la nécessité d’un partenariat « gagnant-gagnant » fondé sur le respect mutuel des obligations et la promotion d’un dialogue permanent. Pour les opérateurs économiques, la réussite de la feuille de route gouvernementale 2025-2030 dépend de cette synergie. Au terme de cette rencontre, le secrétaire exécutif du CCESP a présenté la feuille de route du comité régional pour l’année 2026. Le programme prévoit la tenue régulière de réunions statutaires et l’élaboration d’une cartographie précise des acteurs économiques locaux. L’ambition est de faire de la région de la Kara un modèle de partenariat pour un développement inclusif.
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Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision de la Ve République, où la voix des territoires doit porter davantage dans les décisions nationales. En reconnaissant la pluralité des réalités locales, le président du Conseil entend valoriser les initiatives issues du terrain. Le dialogue territorialisé ne fait que commencer, promettant une gestion plus transparente et proche des citoyens.
