Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

FAO / Alimentation saine : le Togo, champion de l’Uemoa mais face au défi de l’accessibilité

Bien manger ne devrait pas être un luxe, mais pour des millions d’Africains, l’assiette équilibrée reste un rêve coûteux. C’est ce qui nous révèle le dernier classement de la FAO sur le coût d’une alimentation saine. Le Togo tire son épingle du jeu en occupant la 6ᵉ place du continent avec 3,2 dollars par jour et par personne, soit 1797,6 FCFA. Ce résultat fait du pays le numéro un de l’Uemoa, devant des poids lourds comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal.

Mais derrière ce succès, une réalité plus contrastée se dessine. « Le coût d’une alimentation saine (CoHD) correspond au montant le plus bas auquel il est possible d’acheter localement une combinaison d’aliments permettant de couvrir les besoins nutritionnels et énergétiques », explique la FAO. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de remplir l’assiette, mais de garantir un équilibre entre féculents, légumineuses, fruits, oléagineux, produits animaux et graisses.

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Si l’Afrique de l’Ouest affiche le coût moyen le plus bas du continent (3,65 dollars), elle concentre paradoxalement le plus grand nombre de personnes privées de ce droit fondamental. « Ce sont l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest qui concentrent le plus grand nombre de personnes n’ayant pas les moyens d’accéder à une alimentation saine », note le rapport. Rien qu’en Afrique de l’Ouest, 297,5 millions d’habitants sont concernés.

Au sein de l’Uemoa, le Togo, avec ses 3,2 dollars, soit 1797,6 FCFA se positionne donc dans le peloton de tête, devant des poids lourds comme la Côte d’Ivoire (3,3 dollars, soit 1853,775 FCFA) ou le Sénégal (3,4 dollars, soit 1909 FCFA). Il s’ensuit, le Bénin (3,4 dollars, soit 1909 FCFA), le Burkina Faso (3,6 dollars, soit 2022,3 FCFA), le Mali (3,6, soit 2022,3 FCFA), la Guinée-Bissau (3,7 dollars, soit 2078,475 FCFA) et le Niger (4 dollars, soit 2247 FCFA).

Au Togo, l’écart entre les chiffres et le vécu est palpable. En zone rurale, l’accès aux marchés reste aléatoire ; dans les villes, les prix fluctuent selon les circuits d’approvisionnement. Conséquence : « l’alimentation saine est donc moins une question de présence que d’accès réel ». Les habitudes jouent aussi leur rôle : beaucoup privilégient les féculents bon marché au détriment de la diversité.

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La FAO appelle les États à agir. Produire mieux, renforcer la logistique, investir dans l’éducation alimentaire. Pour le Togo, l’enjeu est de taille : transformer une statistique encourageante en progrès concret. Car bien manger ne devrait pas être un privilège, mais une évidence.

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