La désinformation gagne du terrain au Togo. C’est le constat accablant fait par le Centre d’observation et d’analyse du web (Coaweb) dans son dernier rapport, publié le 1ᵉʳ avril 2025. Mené sur quatre mois, ce monitoring révèle une réalité troublante : les fausses informations circulent massivement, notamment sur les réseaux sociaux.
Le rapport met en lumière trois faits majeurs. D’abord, la désinformation au Togo est influencée par les dynamiques géopolitiques africaines et mondiales, avec une nette augmentation des discours anti-occidentaux. Ensuite, les canaux de diffusion sont multiples : WhatsApp (53%), TikTok (25%) et Facebook (15%) sont les principales plateformes utilisées pour propager les fausses informations. Enfin, ces narratifs erronés alimentent la méfiance envers les institutions et favorisent l’adhésion à des modèles de gouvernance autoritaires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si 20% des fausses informations concernent directement le Togo, plus d’une sur trois cible l’Occident, avec plus de 70% visant spécifiquement la France. Une tendance qui s’inscrit dans un contexte plus large d’opposition à certaines puissances étrangères.
Noël Tadégnon, vice-président du Coaweb/Togocheck, souligne l’importance d’un tel travail d’analyse : « Cette étude nous offre un aperçu précieux de la perception des Togolais et permet d’identifier clairement les fausses informations qui circulent le plus dans le pays. » De son côté, le président de l’organisation, Florent Tiassou appelle à une vigilance accrue et à une action collective pour contrer les narratifs trompeurs.
Au-delà du constat, la question demeure : comment juguler cette vague de désinformation ? L’éducation aux médias, le fact-checking et la diffusion d’informations vérifiées apparaissent comme des solutions essentielles. Une mobilisation générale est nécessaire pour freiner ce phénomène et préserver la cohésion sociale. Le rapport complet peut être consulté sur www.togocheck.com/rapport2024/.