Selon une étude récente, ces forêts servent désormais de bases stratégiques aux groupes armés, facilitant leur gouvernance locale, leurs revenus et leur expansion transfrontalière.

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Les forêts du Sahel sont devenues un nouveau front stratégique pour les groupes armés, qui les utilisent désormais non seulement comme des refuges, mais comme bases durables pour étendre leur influence, selon une analyse de l’Observer Research Foundation. Selon ce think tank indien, ces zones boisées, souvent situées dans des régions transfrontalières faiblement contrôlées, offrent aux « groupes terroristes » une protection naturelle contre les opérations militaires et une profondeur territoriale facilitant la circulation des combattants, des armes et des marchandises.

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Des espaces qui jouent un rôle économique clé

Contrairement aux zones désertiques ou urbaines plus surveillées, les forêts permettent aux groupes armés d’organiser leurs activités à long terme. Elles servent de lieux d’entraînement, de stockage d’armes et de centres de coordination reliant plusieurs foyers d’insurrection. Les analystes soulignent que ces espaces jouent également un rôle économique clé. Les insurgés y tirent des revenus de l’exploitation du bois, de l’orpaillage, de la taxation informelle des routes et des activités agricoles, renforçant ainsi leur autonomie financière.

Dans les communautés riveraines, la présence des groupes armés s’accompagne souvent d’une forme de gouvernance parallèle. Ils arbitrent des litiges, imposent des règles de conduite et remplacent parfois des services publics défaillants, en s’ancrant dans les systèmes sociaux, selon des témoignages locaux cités dans l’étude.

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Les forces de sécurité, concentrées sur la protection des centres urbains et des grands axes routiers, peinent à projeter leur autorité dans certaines zones forestières du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ainsi que dans les régions frontalières du nord du Bénin et du Togo, où la connaissance du terrain favorise les groupes armés. Selon l’Observer Research Foundation, cette dynamique marque une évolution du conflit au Sahel. Tant que les forêts resteront hors du champ effectif de la gouvernance étatique, elles continueront d’alimenter une insurrection diffuse, enracinée et difficile à contenir.

dpa

 

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