Avec un score de risque évalué à 5,9 sur 10, le Togo confirme son positionnement dans la catégorie des économies à risque modéré, offrant ainsi un environnement jugé favorable aux investissements. C’est l’un des enseignements majeurs de la première Conférence Risque pays, organisée le 2 avril 2026 à Lomé par Bloomfield Investment Corporation.
Cette rencontre de haut niveau, qui a réuni les autorités publiques, investisseurs et acteurs économiques, a permis de dresser une cartographie précise des forces et vulnérabilités de l’économie togolaise. Le constat est globalement positif : stabilité politique, climat des affaires en amélioration et performances macroéconomiques soutenues constituent les piliers de cette attractivité.
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Sur le plan budgétaire, les indicateurs témoignent d’une dynamique encourageante. Entre 2019 et 2024, les recettes publiques ont progressé de 35 %, tandis que le ratio dette/PIB est resté sous le seuil communautaire. Parallèlement, la croissance économique s’est maintenue à des niveaux solides, franchissant en 2024 le cap symbolique des 10 000 milliards de FCFA de produit intérieur brut.

Des programmes structurants ont également renforcé la résilience sociale et économique du pays. Le dispositif Novissi, lancé en 2020, a permis de soutenir les populations vulnérables, tandis que les investissements agricoles, notamment à travers les zones d’aménagement agricole planifié, ont contribué à améliorer les rendements.
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Toutefois, le rapport met en lumière certaines fragilités. Le déficit commercial, en hausse de 77 %, la dépendance à quelques produits d’exportation et les aléas du secteur agricole constituent des défis à relever pour consolider cette trajectoire.

Badanam Patoki, ministre de l’économie et de la veille stratégique
Malgré ces contraintes, les atouts structurels du Togo demeurent significatifs. Le Port autonome de Lomé, unique port en eau profonde de la côte ouest-africaine, renforce la compétitivité logistique du pays. De même, la Plateforme industrielle d’Adétikopé illustre l’ambition d’industrialisation en cours.
Pour Stanislas Zézé, CEO de Bloomfield Investment Corporation, le rapport répond aux préoccupations essentielles des investisseurs : opportunités, rentabilité et niveau de risque. Il constitue, selon lui, un outil d’aide à la décision fondé sur des données fiables et transparentes.
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Au-delà des chiffres, cette initiative traduit une volonté affirmée de maîtriser le narratif économique national et de renforcer la confiance. Dans un contexte régional concurrentiel, le Togo entend ainsi capitaliser sur ses réformes pour attirer davantage de capitaux.
À terme, la consolidation de ces acquis, combinée à une meilleure diversification économique, pourrait permettre au pays de s’imposer durablement comme une place stratégique d’investissement en Afrique de l’Ouest.

