La capitale togolaise est devenue, pour quelques jours, le point de convergence des experts de la statistique en Afrique de l’Ouest. Lomé abrite en effet jusqu’au 13 mars l’atelier régional de mi-parcours de la troisième édition de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM 2025-2026), une initiative coordonnée par la Union économique et monétaire ouest‑africaine.
Organisée dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), cette rencontre bénéficie de l’appui financier de la Banque mondiale pour la période 2023-2028. Elle rassemble une soixantaine d’experts statisticiens issus des 8 États membres de l’Uemoa, de la Guinée, ainsi que de plusieurs institutions partenaires, notamment Afristat, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et la Banque ouest‑africaine de développement.
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Les travaux portent sur 3 dimensions essentielles de l’enquête : le volet ménage, le volet communautaire et le volet prix. Concrètement, les enquêteurs interrogent directement les familles afin de recueillir des informations sur leurs revenus, leurs dépenses ou encore leur accès aux services sociaux. L’objectif est de produire des données fiables sur la pauvreté et les conditions de vie des populations.
Le volet communautaire s’intéresse quant à lui aux localités, en évaluant la disponibilité des infrastructures et des services de base, tandis que le volet prix consiste à relever les tarifs des produits de consommation dans les marchés locaux. Ce dernier permet d’ajuster les données selon les variations saisonnières et d’assurer la comparabilité entre les pays.
Toutefois, le Togo doit encore accélérer le rythme de mise en œuvre de l’enquête. Le pays est en effet le seul État membre de l’Uemoa à ne pas avoir encore achevé la première vague de collecte des données. Les autorités assurent néanmoins avoir pris les mesures nécessaires pour rattraper ce retard.
Le Secrétaire général du ministère du Plan et de la Coopération, Béguédouwé Paneto, s’est voulu rassurant : « Des dispositions ont été prises pour que d’ici à la fin de 2026, notre pays conduise les deux vagues de l’EHCVM3 et permette à notre Union de répondre pleinement aux termes de la Décision de l’Uemoa instituant l’EHCVM ».
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Sur le terrain, la machine statistique est déjà en marche. La formation des agents cartographes et enquêteurs de l’Inseed a débuté le 9 février à Lomé, avec pour objectif de boucler les deux vagues de collecte avant décembre 2026, conformément aux exigences communautaires.
Au-delà de l’exercice technique, les enjeux sont considérables. La précédente édition de l’enquête avait révélé un recul de la pauvreté monétaire au Togo, passée de 55,1 % en 2015 à 43,8 % en 2021-2022. La nouvelle enquête devra mesurer l’impact des réformes engagées ces dernières années et alimenter le suivi des Objectifs de développement durable, tout en éclairant l’évaluation de la Feuille de route gouvernementale.
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Dans cette perspective, les statistiques deviennent plus qu’un simple outil de mesure : elles constituent un véritable instrument d’orientation des politiques publiques et de compréhension des réalités sociales.

