Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Budget 2026 : un bond historique pour les investissements sensibles au genre

L’intégration de la dimension genre dans les différentes strates de la vie socio-économique togolaise affiche une trajectoire ascendante. Ceci, bien que les retombées économiques varient fortement d’une filière à l’autre. Selon les données du Document budgétaire sensible au genre 2026, la présence féminine dans les sphères de décision reste contrastée. Si les femmes occupent 13,33 % des portefeuilles au sein du gouvernement, elles représentent 21,24 % des députés à l’Assemblée nationale et 26,22 % des membres du Sénat.

Au niveau local, le constat est plus mitigé. Les femmes comptent pour 20 % des gouverneurs, mais leur représentativité chute sous la barre des 15 % au sein des conseils régionaux et municipaux. Malgré une volonté politique affichée, ces statistiques révèlent la persistance d’un plafond de verre limitant l’accès des Togolaises aux hautes responsabilités publiques. L’effort financier de l’État en faveur de l’égalité a franchi un cap significatif. En 2024, les dépenses dédiées ont atteint 32,02 milliards de francs CFA, soit 1,4 % de l’enveloppe nationale. Pour l’exercice 2026, les prévisions budgétaires font un bond remarquable pour s’établir à 61,4 milliards de francs CFA, représentant désormais 5,22 % du budget global.

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Toutefois, cette dynamique n’est pas uniforme. Une analyse détaillée montre que certains ministères stratégiques allouent encore moins de 0,05 % de leurs ressources à des actions spécifiques pour le genre. Cette disparité souligne la nécessité d’une meilleure imprégnation de cette culture budgétaire dans l’ensemble de l’appareil administratif.

Pour protéger les droits des citoyennes, le pays a multiplié les infrastructures de proximité. Le réseau s’appuie désormais sur les maisons de justice, les maisons de la femme et des centres spécialisés dans l’accueil des victimes de violences. Parallèlement, la Commission nationale des droits de l’homme dispose d’une division consacrée à la promotion féminine. Dans le secteur primaire, l’Agence de transformation agricole (ATA) joue un rôle moteur pour soutenir les femmes en zone rurale. L’enjeu est de taille, car l’émancipation économique se heurte encore à la difficulté d’obtenir des crédits. Seule une personne sur quatre possède un compte en banque au Togo, une situation qui pénalise davantage les entrepreneures.

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Pour corriger ces inégalités financières, le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) concentre 65 % de ses interventions sur le public féminin. Ces réformes structurelles ont permis au Togo d’obtenir l’excellente note de 97,5 % dans le dernier rapport de la Banque mondiale sur les femmes, l’entreprise et le droit. L’objectif actuel de l’exécutif est de transformer ces succès législatifs en réalités tangibles. Le président du Conseil et le gouvernement misent désormais sur la consolidation du cadre légal pour garantir que chaque avancée inscrite dans les textes se traduise par un changement concret dans le quotidien des Togolaises.

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