Le Tribunal d’Abomey-Calavi a rendu son verdict, ce mardi 10 mars dans l’affaire du meurtre du jeune togolais, Gabin Gbédé. Le principal accusé, Jeannot A., promoteur culturel béninois, a été condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Cette décision intervient après une instruction qui a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique dans la sous-région.
L’affaire remonte au mois de décembre 2025, lorsque la victime s’était rendue à Cotonou pour récupérer une somme de 5 millions de francs CFA. Ce montant représentait ses gains après une activité commune menée au Maroc. Malheureusement, l’entrepreneur ne rentrera jamais. Son corps avait été découvert quelques jours plus tard dans un bas-fond situé à Avlékété.
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L’enquête de police avait rapidement conduit à l’interpellation de Jeannot A., qui officiait comme manager et collaborateur de presse. Un tradithérapeute, présenté comme son complice mystique, avait également été arrêté. À la barre, le principal suspect a tenté de nier les faits en évoquant une agression par des individus circulant dans un véhicule étranger, malgré ses aveux lors de l’enquête préliminaire.
Des messages compromettants et un appel du parquet
La Cour a toutefois relevé des incohérences majeures dans son récit. Des expertises numériques sur le téléphone du complice ont révélé un message envoyé par le condamné, dans lequel il admettait avoir tué son partenaire d’affaires. En plus de sa peine de prison, le coupable devra verser 30 millions de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de la victime, solidairement avec son coaccusé.
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Le complice écope, quant à lui, d’une peine de 8 ans d’emprisonnement ferme. Le parquet du tribunal a toutefois annoncé son intention de faire appel de ce verdict, jugeant la sentence trop clémente par rapport à la réclusion à perpétuité initialement requise par le ministère public. Cette affaire vient jeter une ombre sur le parcours de Jeannot A., qui était par ailleurs membre de la jeunesse missionnaire catholique.

