L’étude allemande relève des convergences entre les usages traditionnels des plantes, leurs propriétés pharmacologiques et bioactives connues et les comportements observés chez les éléphants.
Des éléphants du mont Elgon, au Kenya, semblent sélectionner certaines plantes lorsqu’ils sont malades, ce qui pourrait témoigner d’une forme d’automédication, selon une étude menée par de jeunes chercheurs de l’Institut Bernhard-Nocht de médecine tropicale (BNITM).
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S’appuyant sur les observations à long terme d’habitants vivant à proximité des éléphants, l’équipe a recensé des plantes également utilisées dans la médecine traditionnelle locale. Pour certaines espèces, des études antérieures avaient déjà mis en évidence des propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires ou antiparasitaires.
39 ressources naturelles utilisées
Les huit habitants, qualifiés d’experts par l’étude, ont recensé 39 ressources naturelles que les éléphants du mont Elgon utiliseraient, selon leurs observations, à des fins médicinales. Il s’agit de 35 espèces végétales réparties en 23 familles, ainsi que de quatre types de terres, de minéraux ou d’argiles.
Dans 34 cas, soit 87 pour cent, ces ressources sont également utilisées à des fins médicinales par les habitants de la région. Les experts ont expressément qualifié 25 d’entre elles de « remèdes pour éléphants », selon l’étude publiée dans Scientific Reports.
L’équipe a relevé des cas où des animaux malades auraient ingéré, selon les informateurs, des plantes très spécifiques, ni particulièrement nutritives ni appétissantes, souvent en petites quantités, à des moments inhabituels ou dans le cadre de comportements atypiques.
Poser les bonnes questions
Parmi les témoignages les plus marquants figurent de possibles exemples de soins maternels. Les experts locaux rapportent que des mères éléphantes auraient fait ingérer des matières végétales à leurs petits. L’équipe tente actuellement de documenter directement ces pratiques par vidéo.
« La plupart du temps, les populations qui vivent à proximité immédiate des animaux connaissent leurs secrets depuis des générations », souligne Elodie Freymann, co-auteure correspondante de l’étude et spécialiste de l’automédication chez les grands singes. « Il nous appartient désormais, à nous scientifiques, de poser les bonnes questions ».
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L’éléphant d’Afrique étant considéré comme une espèce menacée, les chercheurs soulignent que la disparition de plantes médicinales pourrait aussi affecter les animaux. Si ceux-ci dépendent de certaines espèces végétales en complément de leur alimentation habituelle, le déboisement pourrait ainsi réduire à la fois leurs ressources alimentaires et leur « pharmacie » naturelle.
dpa

