L’attachement des Africains à la démocratie s’érode, alors même qu’une majorité continue de déclarer la préférer à tout autre régime, selon la dernière enquête d’Afrobarometer.
Selon le réseau panafricain Afrobarometer, l’attachement des populations africaines à la démocratie s’essouffle, une évolution associée à des évaluations de plus en plus négatives des performances des gouvernements et à une tolérance accrue envers l’autoritarisme.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
Fondée sur 50 961 entretiens menés dans 38 pays sur la période 2024-2025, cette étude révèle une nette érosion de la demande de démocratie. Les citoyens africains se montrent désormais moins exigeants et résolus quant au maintien de systèmes représentatifs.
L’évolution la plus marquée concerne, selon Afrobarometer, l’attitude à l’égard des régimes militaires. Au cours de la dernière décennie, l’opposition ferme aux pouvoirs militaires a reculé de 11 points de pourcentage, signe d’une moindre résistance à cette forme de gouvernement dans un contexte de crises.
Près de deux tiers des sondés déclarent toujours préférer la démocratie. Toutefois, seuls 36 pour cent peuvent être considérés comme des « démocrates convaincus » — c’est-à-dire qu’ils préfèrent la démocratie à tout autre régime, et rejettent en même temps le pouvoir d’un seul homme, le parti unique et l’intervention militaire.
Cette proportion varie fortement d’un pays à l’autre, allant de 8 pour cent au Mali à 64 pour cent en Zambie. Dans les 29 pays suivis en continu depuis dix ans, la demande de démocratie a reculé de 10 points de pourcentage en moyenne.
Lire aussi : 68è session de la Cédéao : les chefs d’État réaffirment la primauté de la démocratie et de la sécurité régionales
Ce recul de l’attachement à la démocratie est notamment associé à une appréciation négative du fonctionnement des gouvernements. 47 pour cent des interrogés considèrent leur pays comme une démocratie, tandis que seuls 38 pour cent se déclarent satisfaits de la manière dont la démocratie y fonctionne.
L’écart entre la demande de démocratie et son offre perçue s’est réduit, passant de 11 à 4 points de pourcentage depuis 2014-2015 — non pas grâce à une amélioration de la gouvernance, mais du fait du recul de la demande elle-même.
dpa

