Ce vendredi 9 octobre, l’Observatoire togolais des médias (OTM) a tourné une page de son histoire. Conformément à ses textes statutaires, l’organe d’autorégulation a renouvelé ses instances dirigeantes. Après deux mandats, Fabrice Pétchézi a passé la main à Abass Issaka, directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Magnan libéré », élu à chaud pour 3 ans.
Dès sa prise de parole, le nouveau président a donné le ton. « L’OTM n’est pas un syndicat. L’OTM n’est pas un patronat. L’OTM est la conscience de notre profession », a-t-il déclaré, rendant hommage à l’équipe sortante, qui a maintenu l’institution debout, sentinelle de l’éthique et de la déontologie dans un paysage médiatique de plus en plus complexe.
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Selon lui, la liberté de presse dont hérite la presse privée togolaise est immense : plus de cent journaux, des centaines de sites, des radios partout. Mais elle est menacée de l’extérieur, par la précarité, les pressions, les discours de haine et les fausses informations doublées aux usages peu éthique de l’intelligence artificielle, la course au scoop sans vérification, la diffamation et le journalisme de buzz. « Si nous ne nous régulons pas nous-mêmes, d’autres le feront à notre place, et avec moins de douceur », a-t-il averti.
Observer, alerter, former
Son mandat s’articulera autour de ces 3 verbes. Observer d’abord, sans complaisance : l’OTM publiera chaque trimestre un baromètre de l’éthique, pour dire ce qui va bien et nommer ce qui va mal. « Nous serons le thermomètre, pas le gendarme », a-t-il précisé.
Alerter ensuite, avec courage : l’Observatoire sera la voix qui s’élève quand un journaliste est menacé, mais aussi quand un journaliste menace l’éthique. Il défendra la liberté de presse devant la Harc et les tribunaux, sans oublier de protéger le public contre les dérives de la presse.
Former enfin, sans relâche : convaincu que la plupart des manquements viennent de l’ignorance plutôt que de la malveillance, il compte sillonner les 5 régions pour y tenir des cliniques d’éthique, où l’on apprendra à couvrir une élection, à traiter les conflits ou à vérifier une information générée par l’IA.
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Son rêve ? Un OTM perçu non comme un tribunal répressif, mais comme un grand frère, que les citoyens saisissent lorsqu’ils s’estiment diffamés. Il a aussi promis de renforcer le Comité de protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, mis en place par le consortium OTM-Institut Panos-FAMEDEV.
Journaliste depuis 1998, Abass Issaka dirige « Le Magnan libéré » depuis 2006. Vignon Louyah est également élu comme vice-président du bureau composé d’une dizaine de membres.

