Dans une salle de classe, une exploitation agricole ou un centre de santé, une application d’intelligence artificielle pourrait demain aider un enseignant, conseiller un agriculteur ou faciliter l’accès aux soins. Pour la Banque mondiale, ces usages simples et adaptés aux réalités locales pourraient contribuer à transformer la croissance économique de l’Afrique subsaharienne en emplois et opportunités.

Selon la dernière édition de son rapport économique semestriel consacré à la région, la croissance devrait atteindre 4,3 % en 2026, contre 4,1 % en 2025. Cette progression, supérieure de 0,3 point aux prévisions d’avril, témoigne d’une certaine résilience face aux tensions géopolitiques, aux chocs climatiques, au recul de l’aide au développement et aux contraintes budgétaires.

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Cette dynamique reste toutefois insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté et répondre aux besoins d’une population active en forte progression. L’inflation médiane devrait par ailleurs passer de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026, tandis que le poids du service de la dette continue de limiter les investissements publics.

Dans ce contexte, la Banque mondiale estime que l’intelligence artificielle peut devenir un levier de productivité, d’innovation et de transformation économique. La région en est encore aux premiers stades d’adoption, avec une activité concentrée notamment au Kenya, au Nigéria et en Afrique du Sud.

L’enjeu ne réside cependant pas uniquement dans les technologies de pointe. Le rapport privilégie des applications abordables et adaptées aux contraintes locales : outils fonctionnant avec une faible bande passante pour l’éducation, l’agriculture, la santé, la finance, la logistique ou encore l’administration publique.

Pour concrétiser ces possibilités, plusieurs conditions devront être réunies. Elles concernent notamment l’accès à une électricité fiable, une connectivité abordable, des compétences numériques adaptées et des données de qualité. La gouvernance et les capacités techniques seront également déterminantes.

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Selon Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique, le prochain défi consiste désormais à transformer la croissance en davantage d’emplois et de meilleures opportunités.

La coopération régionale pourrait accélérer cette transformation. La Stratégie continentale sur l’IA de l’Union africaine et la Zone de libre-échange continentale africaine constituent, à cet égard, des cadres susceptibles de favoriser le déploiement de solutions communes. Pour les économies africaines, l’enjeu sera de faire de l’IA non seulement un outil technologique, mais aussi un instrument au service de l’emploi, des services essentiels et de la réduction de la pauvreté.

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