À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux morsures de serpents, célébrée chaque 19 septembre, le Togo intensifie ses actions de prévention contre les envenimations liées aux morsures de serpents. Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances a organisé, ce mercredi 23 septembre 2026 à Lomé, une conférence de presse consacrée à cette problématique de santé publique.
Placée sous le thème « Les incapacités dues aux envenimations par morsures de serpent », cette rencontre a permis de mettre en lumière les conséquences souvent méconnues de ces accidents, notamment les incapacités physiques, les complications neurologiques ainsi que les répercussions psychologiques, sociales et économiques sur les victimes et leurs familles.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
Au Togo, entre 2 500 et 4 000 morsures de serpents sont officiellement enregistrées chaque année. Les populations rurales figurent parmi les plus exposées, en particulier les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs, mais également les femmes et les enfants qui évoluent dans des zones à risque.

Représentant le ministre de la Santé, le secrétaire général du ministère, Dr Marin Kokou Wotobé, a souligné l’ampleur du problème. “À l’échelle mondiale, jusqu’à 2 millions de personnes seraient victimes de morsures de serpents chaque année, avec jusqu’à 130 000 décès. Au Togo, ces envenimations sont prises en compte dans le programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées” a-t-il fait savoir.
Face à ce fardeau sanitaire, le gouvernement a engagé plusieurs actions pour améliorer l’accès aux soins. Parmi les mesures mises en œuvre figure notamment la subvention des sérums antivenimeux, afin de réduire le coût du traitement pour les victimes. Les antivenins sont ainsi disponibles dans les formations sanitaires ciblées à un coût fortement réduit.
Le ministère mise également sur le renforcement des compétences du personnel médical et paramédical. Des formations sont organisées sur la prévention, le diagnostic des envenimations et les protocoles de prise en charge. La diffusion du Guide national de prise en charge vise par ailleurs à harmoniser les pratiques dans les districts sanitaires et à favoriser une intervention rapide et adaptée.
Lire aussi : Pénurie de Sérum antivenimeux : le ministre de la Santé répond à ses détracteurs
Selon Dr Marin Kokou Wotobé, la rapidité de la prise en charge constitue un élément déterminant dans la survie des victimes et la prévention des complications. « Le traitement efficace repose notamment sur l’administration du sérum antivenimeux. Celui-ci est d’autant plus efficace que la victime arrive rapidement à l’hôpital et bénéficie d’une prise en charge précoce après la morsure », a-t-il expliqué.
Le coordonnateur national de la lutte contre les maladies tropicales négligées, Dr Gnossike Piham, a pour sa part insisté sur la nécessité d’abandonner certaines pratiques traditionnelles considérées comme dangereuses. En cas de morsure, les autorités sanitaires recommandent de se rendre immédiatement dans la formation sanitaire la plus proche et déconseillent les incisions de la plaie, la succion directe ou l’application de produits non médicaux.
La prévention reste également au cœur de la stratégie nationale. Le ministère recommande notamment le port de chaussures fermées et de vêtements protecteurs lors des travaux agricoles, l’utilisation d’une lampe lors des déplacements nocturnes, ainsi que l’entretien régulier des habitations et de leurs alentours afin de limiter les refuges susceptibles d’abriter des serpents. Il est également conseillé de ne pas manipuler, provoquer ou tenter de tuer un serpent.

Cette mobilisation s’inscrit dans la stratégie mondiale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui vise à réduire de moitié, d’ici 2030, les décès et les incapacités liés aux morsures de serpents.
Lire aussi : Togo : une campagne de traitement de masse lancée contre les maladies tropicales négligées
À travers le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’amélioration de l’accès aux antivenins, la formation des professionnels de santé et la sensibilisation des communautés, le Togo entend réduire les conséquences de ces envenimations. Le ministère appelle ainsi les professionnels de santé, les collectivités locales, les leaders communautaires, les organisations de la société civile, les médias et le corps enseignant à contribuer à cette mobilisation.
Pour les autorités sanitaires, une information mieux partagée et une orientation rapide vers les structures de soins peuvent contribuer à réduire les décès, les handicaps et les complications liés aux morsures de serpents.

