L’interpellation, le 27 juillet 2026, de Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër, réalisateurs du documentaire « Les routes de l’impossible » destiné à France Télévisions, a suscité de vives réactions en France. Au-delà de l’émotion suscitée par leur nationalité, leur dossier mérite d’être examiné à la lumière des règles administratives togolaises applicables aux professionnels de l’audiovisuel.

Les deux hommes travaillaient sur un reportage consacré aux pistes dangereuses du Nord togolais et aux chauffeurs ravitaillant les villages isolés. Or, selon les éléments disponibles, ils seraient entrés sur le territoire togolais munis d’un simple visa touristique, alors que leur activité relevait manifestement d’une mission professionnelle.

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Le portail officiel « Voyage Togo » établit pourtant une distinction claire entre les deux régimes : le visa touristique s’adresse aux voyageurs de loisir, tandis qu’une activité comme le journalisme ou le reportage nécessite un visa professionnel spécifique, assorti d’une preuve d’exercice et d’une accréditation. Une autorisation de tournage distincte est également exigée, incluant un dossier détaillant le projet, les lieux, les dates et le matériel utilisé.

S’ajoute à cela la question géographique. Le Nord du pays est soumis, depuis 2022, à un régime sécuritaire renforcé en raison des incursions djihadistes venues du Burkina Faso voisin. France Diplomatie déconseille d’ailleurs formellement les déplacements dans cette zone, sauf nécessité impérative, et rappelle qu’un déplacement y nécessite parfois une autorisation préalable.

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La question centrale reste donc de savoir quelles démarches administratives avaient été effectuées avant l’arrivée des deux réalisateurs : quel visa avaient-ils sollicité, disposaient-ils d’une autorisation de tournage et d’un droit de déplacement dans cette région sensible ? Si ces formalités n’ont pas été respectées, l’infraction serait alors caractérisée au regard du droit togolais.

Le Quai d’Orsay a confirmé leur détention, précisant qu’une information judiciaire est en cours et que 3 visites consulaires ont déjà eu lieu. Quant aux rumeurs évoquant un lien avec une demande d’extradition visant un journaliste togolais résidant en France, elles ne reposent, à ce jour, sur aucun élément vérifié.

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