L’Allemagne est engagée dans un processus de confrontation et de reconnaissance de son passé colonial, notamment en Afrique.

La Fondation du patrimoine culturel prussien (SPK), une organisation fédérale allemande de droit public, a annoncé l’achèvement d’une vaste recherche de provenance sur 574 crânes originaires d’Afrique de l’Ouest, conservés dans les collections des Musées nationaux de Berlin, ouvrant la voie à leur éventuelle restitution aux pays d’origine.

Menée depuis 2021 par le Musée de préhistoire et de protohistoire en collaboration avec des chercheurs du Togo et du Cameroun, cette étude a permis de retracer l’origine d’une grande partie de ces restes humains, prélevés durant la période coloniale allemande. Les résultats viennent d’être publiés dans un ouvrage collectif consacré à la recontextualisation de ces collections et aux modalités de leur restitution.

Suivez notre chaîne WhatsApp ici 

« Dans la mesure du possible, les ossements humains doivent pouvoir retourner là d’où ils proviennent », a déclaré la présidente de la SPK, Marion Ackermann, soulignant que la recherche sur l’origine de ces restes constitue « une préoccupation centrale » pour l’institution qui joue un rôle de premier plan dans le traitement de l’histoire coloniale allemande.

Travail de mémoire sur le passé colonial allemand en Afrique

Sur les 574 crânes étudiés, 336 ont pu être attribués à l’actuel Cameroun, 151 au Togo, 23 au Ghana et un au Nigeria. Pour 63 d’entre eux, aucune provenance précise n’a pu être établie.

Selon les chercheurs, une part importante de ces restes provient de travailleurs morts lors de la construction du chemin de fer allemand au Cameroun. D’autres auraient été prélevés dans des nécropoles profanées ou sur des champs de bataille. Dans de rares cas, ils seraient liés à des exécutions perpétrées par les autorités coloniales allemandes.

Lire aussi : Patrimoine : l’Allemagne s’engage pour la restitution des biens culturels au Togo

Cette recherche s’inscrit dans le travail de mémoire engagé par l’Allemagne sur son passé colonial. Le ministre d’État à la Culture, Wolfram Weimer, a salué un « projet phare », estimant qu’il établit de nouvelles normes en matière de coopération avec les sociétés d’origine. Les restes étudiés appartiennent à une collection anthropologique d’environ 7 700 crânes, reprise en 2011 par la SPK à la Charité de Berlin.

Un précédent travail sur l’Afrique orientale allemande

Une première étude, publiée en 2023, avait porté sur quelque 1 100 crânes provenant des anciennes colonies d’Afrique orientale allemande. Aucun rapatriement vers un pays africain n’a encore abouti, malgré les offres formulées aux États concernés.

En Tanzanie, deux familles ont notamment été identifiées, mais l’absence d’autorisation d’importation délivrée par les autorités locales bloque, à ce stade, tout transfert, selon un porte-parole de la fondation. La SPK a par ailleurs proposé, à l’automne dernier, au Ghana la restitution d’objets incorporant des restes humains.

Lire aussi : L’UNESCO inaugure le premier Musée virtuel mondial des biens culturels volés

Berlin a restitué une Bible et un fouet de Hendrik Witbooi à la Namibie en 2019 et des objets du royaume du Bénin au Nigeria en 2022.

dpa

 

Share.

@: lenouveaureporter@gmail.com. Pour vos demandes de couvertures médiatiques, annonces, pub, productions multi-support… Veuillez-vous adresser au : Tél : (00 228) 92 60 75 77 / 99 50 60 10

Leave A Reply