Dans le cadre de l’Aéro Festival qui s’est ouvert en fin de semaine dernière à Lomé, un panel s’est réuni vendredi 17 avril, pour décrypter l’évolution du ciel togolais. Entre la nostalgie de l’époque pionnière et la montée en puissance de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma (AIGE) comme hub sous-régional, les échanges ont tourné autour des contours d’une aviation togolaise en pleine mutation.
Placé sous le thème « AIGE : Héritage, transformation, rayonnement et fierté d’une nation », le panel a permis de revisiter les grandes étapes ayant conduit à la modernisation de l’aéroport et à son positionnement en tant que hub majeur en Afrique de l’Ouest.
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Le panel a débuté par un saut dans le temps, rappelant que le Togo a toujours cultivé une relation privilégiée avec les ailes. Depuis les premiers balbutiements de l’aviation civile jusqu’à la création de compagnies qui ont marqué la mémoire collective, l’héritage togolais est celui d’une volonté politique de désenclavement. Un héritage ancré dans l’histoire.

Les intervenants parmi lesquels, M. Walla Konga, Tchagbele Sandamba et Komla Kowu, ont évoqué les fondements et les motivations ayant conduit à la transformation de l’aéroport, sous la modération de M. Sunsa Komla Amewokpo. Tous ont mis en lumière le chemin parcouru et l’engagement des pionniers du secteur aérien national. Ils ont rendu hommage aux infrastructures historiques qui ont permis à Lomé de s’imposer très tôt comme un carrefour. Cet héritage n’est pas seulement matériel ; il est humain, incarné par des générations de techniciens, de pilotes et de gestionnaires qui ont bâti la réputation de rigueur du secteur au Togo.
Lomé, le hub de la résilience
Le cœur du débat s’est naturellement déplacé vers la transformation radicale opérée ces dix dernières années. Aujourd’hui, avec une aérogare moderne et une position stratégique, Lomé ne se contente plus de « recevoir » des avions : elle connecte le continent.
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« L’héritage nous a donné les fondations, mais la perspective actuelle est celle de l’intégration africaine », a souligné M. Walla.

Le Directeur général de la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), Kanka-Malik Natchaba a souligné, pour sa part, l’importance de ce panel comme devoir de mémoire et source d’inspiration pour la jeunesse. Il a rendu hommage aux bâtisseurs du secteur aérien togolais, tout en saluant la vision stratégique des plus hautes autorités du pays, qui ont permis la réalisation et le développement de la nouvelle aérogare.
Bien d’autres points clés ont été abordés : le partenariat public-privé, avec e rôle crucial de la compagnie panafricaine ASKY, basée à Lomé, qui a transformé l’aéroport en une plateforme de correspondance incontournable en Afrique de l’Ouest et Centrale.
La compagnie ASKY Airlines a profité de ces assises pour présenter son évolution et son rôle stratégique à Lomé : son principal hub. Elle dessert aujourd’hui une trentaine de destinations à travers le continent et ambitionne de renforcer ses connexions avec le reste du monde dans les années à venir.

En outre la sûreté et la sécurité, ont été abordées avec les investissements massifs qui permettent au Togo de répondre aux standards internationaux les plus stricts (OACI).
Aussi, faut-il souligner que le ministère de la Promotion de l’Investissement et de la Souveraineté économique a mis en avant, au cours des discussions, son rôle dans le développement de l’écosystème aéroportuaire. Notamment, avec des dispositifs juridiques et fiscaux adaptés, ainsi que la digitalisation des procédures. Toute chose qui lui permet de renforcer l’attractivité de la plateforme et à dynamiser les activités économiques, notamment le fret et le transport de passagers. Le conseiller technique du ministère, M. Maurice Potcho, a invité les jeunes à se former pour répondre aux exigences des entreprises opérant dans ce secteur en pleine croissance.
Perspectives : cap sur l’innovation et la durabilité
Le futur de l’aérien au Togo ne se limite pas à l’augmentation du trafic. Le panel a esquissé quelques axes majeurs pour les décennies à venir notamment la totale digitalisation des services et la formation d’excellence avec l’idée de faire du Togo un centre de référence pour les métiers de l’aviation. Ce n’est pas un hasard, si l’événement a enregistré la participation d’étudiants issus de plusieurs universités et centres de formations, venus s’imprégner des réalités du secteur aérien et bénéficier de conseils pratiques sur les métiers de l’aviation.

Prévu jusqu’au début du mois de mai, l’Aéro festival propose un programme diversifié comprenant des panels sur la sécurité aérienne et le lien entre aviation et tourisme, ainsi que des activités culturelles et sociales. Parmi celles-ci figurent une course populaire, un concert, des excursions touristiques, des expositions artistiques à l’aéroport et l’installation prochaine d’un kiosque « Destination Togo » pour informer les voyageurs.
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Les échanges ont été clôturés sur un constat clair : forte de son passé, l’aviation togolaise dispose aujourd’hui de tous les atouts pour devenir le leader logistique de la sous-région. L’Aéro Festival, par ce panel, pose ainsi les pistes pour un ciel sans frontières. Car si les avions décollent grâce à la technologie, c’est avant tout la vision et la coopération qui les maintiennent en vol.

