L’interpellation de Kémi Séba en Afrique du Sud marque un tournant dans le parcours de cette figure du panafricanisme radical. Derrière cet épisode, deux récits s’opposent : celui des autorités judiciaires et celui de son organisation, qui dénonce une manœuvre politique.
Arrêté le 15 avril 2026 à Prétoria, l’activiste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a été interpellé en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain. Les enquêteurs évoquent une tentative présumée de passage clandestin vers le Zimbabwe, impliquant un réseau structuré de facilitation de migration irrégulière. Des fonds et des téléphones ont été saisis lors de l’opération, renforçant les soupçons d’une organisation préméditée.
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Mais pour l’ONG Urgences panafricanistes, cette arrestation relève d’une tout autre logique. Dans un communiqué, l’organisation parle d’« acharnement » et de « persécution politique », évoquant une « machination politico-diplomatique » visant à réduire au silence son président.
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Au-delà de cet épisode, le dossier s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large. Selon les autorités sud-africaines, des éléments recueillis avec l’appui d’Interpol relient Kémi Séba à des procédures en cours au Bénin, notamment pour des faits liés à la sûreté de l’État. À Cotonou, il est poursuivi pour apologie de crimes contre l’État et incitation à la rébellion, dans le sillage de la tentative de coup d’État de décembre 2025.
Déchu de sa nationalité française en 2024, l’activiste s’était progressivement rapproché de certains régimes sahéliens, consolidant son influence dans des cercles politiques sensibles. Cette trajectoire nourrit aujourd’hui les tensions autour de son arrestation.
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Une procédure d’extradition est désormais envisagée vers le Bénin, où la justice pourrait approfondir les investigations. La décision de la justice sud-africaine, attendue le 20 avril, sera déterminante pour la suite de cette affaire aux implications politiques et diplomatiques notables.

