Le lancement des préparatifs de la 363e édition d’Epé-Ekpé ou la prise de la pierre sacrée s’est déroulé sous haute tension jeudi dernier à Glidji. Réunis pour définir l’agenda de la cérémonie, les dignitaires et acteurs de la préfecture des Lacs ne sont pas parvenus à un accord. Ce blocage illustre les fractures qui divisent actuellement les autorités coutumières du peuple Guin.
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Au centre de la discorde se trouve une décision du régent Asafo Atsè Kangni Folly-Bebe, selon plusieurs médias en ligne. Ce dernier a désigné le prêtre koley Nii Mantchè pour diriger le rite principal dans la forêt sacrée. Ce choix est vivement contesté par une partie des notables qui dénoncent une rupture avec les équilibres ancestraux. Pour ces contestataires, cette désignation fragilise les fondements nécessaires à la sérénité de l’événement.
La réunion a rapidement tourné à la confrontation avec une mobilisation de prêtres et d’adeptes vêtus de rouge. Les manifestants ont exigé le départ du régent, jugeant sa gestion partiale et exclusive. Certains membres de la communauté préconisent désormais l’intronisation d’un roi. Selon eux, une autorité souveraine serait plus légitime pour arbitrer les conflits et restaurer l’ordre au sein des institutions traditionnelles locales.
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Ces tensions réveillent les craintes d’un retour aux incidents de 2016, où des heurts violents avaient entaché la célébration. Prévue entre août et septembre 2026, la fête Epé-Ekpé marque le Nouvel An des Guin. Depuis son inscription en 2025 au patrimoine immatériel de l’Unesco, la manifestation bénéficie d’une visibilité internationale accrue. L’enjeu pour les acteurs locaux est de préserver l’intégrité de ce rite désormais reconnu à l’échelle universelle.

