Le Togo porte une initiative ambitieuse visant à restaurer le système historique africain de découpage du temps. Ce projet a pour ambition de définir une date commune pour la célébration d’un Nouvel An africain, marquant ainsi une étape clé dans l’affirmation identitaire du continent. Cette démarche fait suite aux recommandations du neuvième Congrès panafricain, organisé à Lomé en décembre dernier, qui plaidait pour une décolonisation des imaginaires.

Depuis l’époque coloniale, le calendrier grégorien s’est imposé comme l’unique référence pour l’organisation sociale et culturelle en Afrique. Ce système exogène a progressivement mis de côté les méthodes traditionnelles fondées sur les cycles de la nature, de l’agriculture et de la spiritualité. Aujourd’hui, de nombreux observateurs estiment que les dates festives actuelles ne correspondent plus aux repères historiques et aux symboles propres aux civilisations du continent.

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Pour poser les bases de cette réforme, le pays prévoit d’organiser une rencontre scientifique d’envergure dans la capitale. Ce colloque réunira des historiens, des anthropologues, des chefs traditionnels ainsi que des leaders d’opinion et des décideurs politiques. L’objectif principal sera de s’accorder, par le dialogue, sur une date et un symbole capable de fédérer l’ensemble des peuples africains autour de leur mémoire commune.

Au-delà de la simple symbolique, l’instauration d’un Nouvel An africain représente un acte fort d’autodétermination. Il s’agit pour l’Afrique de valoriser ses connaissances endogènes et de renforcer la cohésion entre les États, par-delà les diversités religieuses ou linguistiques. Une fois les travaux du colloque achevés, les conclusions seront transmises à l’Union africaine (UA) afin d’envisager une reconnaissance officielle sur tout le continent.

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Bien que ce processus soit progressif, il témoigne de la volonté des nations africaines de se réapproprier leur trajectoire historique. En redéfinissant son rapport au temps, l’Afrique choisit de bâtir un avenir en phase avec son héritage profond. Ce chantier, aussi complexe soit-il, porte l’espoir d’un continent fier de ses racines et résolument tourné vers sa propre vision de la modernité.

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