Le Togo se dote d’un nouvel outil stratégique. Ce 19 février, le conseil des ministres a adopté le décret portant création de l’Institut géographique national du Togo.
« Le conseil des ministres a adopté le décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Institut géographique national du Togo (IGNT) ». La décision marque un tournant. Elle consacre l’ambition de mieux connaître le territoire pour mieux le gouverner.
Depuis plusieurs années, le pays a engagé des réformes dans le foncier et l’information géographique. « La production de données fiables demeure entravée par les limites techniques et institutionnelles du dispositif actuel », précise le communiqué du Conseil des ministres. Le diagnostic est posé ; sans données précises, pas de planification efficace, sans cartographie moderne et pas de gestion optimale des terres.
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Face aux mutations technologiques rapides, l’État a choisi d’agir. Il transforme la direction générale de l’information géographique et de la cartographie en une institution nouvelle plus agile et plus autonome. L’IGNT sera « doté de l’autonomie de gestion administrative et financière ». Un changement de statut, mais surtout, un changement d’échelle.
Cette réforme vise à « renforcer l’efficacité opérationnelle de la structure ». Elle ambitionne aussi de l’inscrire « dans les dynamiques régionales et internationales ». Le Togo ne veut plus rester en marge des standards modernes de production cartographique. Il veut parler le langage des satellites, des bases de données numériques et de la géolocalisation de précision.
L’enjeu est stratégique. La cartographie n’est pas qu’une affaire de cartes. Elle touche au foncier, à l’urbanisme, à l’agriculture et aux infrastructures… La cartographie conditionne l’investissement et sécurise les transactions, tout en éclairant la décision publique.
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Avec l’adoption de ce décret, le pays se dote « d’une structure capable de produire des données fiables en matière de cartographie et d’informations géographiques », mentionne le Conseil. L’objectif est donc de moderniser les outils et de numériser les procédures, en optimisant la gestion territoriale.
À terme, cette mutation devrait « contribuer, en outre, au développement socioéconomique ». Car un territoire bien cartographié est un territoire maîtrisé. Et un territoire maîtrisé ouvre la voie à une croissance mieux orientée.

